Je ne sais si vous avez suivi les quatre premiers matchs mais c'est à n'y rien comprendre mes amours. Georges Bernanos aurait dit que comprendre c'est déjà aimer, alors essayons de comprendre ce qui fait de cette finale une horreur voluptueuse.
Aucun frisson n'est sorti de chacune des rencontres tant les écarts furent énormes : 24, 10, 20, puis encore 20 points. Comment se peut-il qu'une équipe battue et humiliée de 24 points sur son terrain puisse aller triompher chez son adversaire de 20 points ? Une réaction d'orgueil diront les plus faibles d'esprit d'entre-nous... Une réaction alors bien souterraine qui n'eut lieu qu'après une autre défaite de 20 points.
Ces rencontres ont montré le pire de la ligue américaine : 117 passes décisives pour 137 balles perdues par les deux équipes en quatre parties... Un véritable pensum de presque trois heures, en fait un déluge de publicités télévisuelles affligeantes pour des marques inconnues entrecoupées de brefs instants de basket-ball, que dis-je, de balles perdues et de passe à dix sans âme. Du dernier match je n'ai retenu qu'une chose : en faisant le 889 je peux acheter une Aston Martin d'occasion. Je m'ennuyais tant que j'ai failli devenir conductrice de la même automobile que James Bond...
Le public ne s'y est d'ailleurs pas trompé. La victoire de Detroit lors de la finale de 2003 avait créé un gigantesque engouement dans cette ville que je connais bien car une amie très chère posséda une Ford. Cette année, l'arène des Chocs, tout autant que celle des Monarques, reste dramatiquement à moitié vide malgré les milliers de places gratuites généreusement distribuées.
Pour finir, pompon rouge sur le béret d'un marin dirait-on à Saint Petersbourg ou cerise sur le gâteau comme on l'évoque chez les gourmands, le Detroit Shock ne peut jouer le match cinq de la finale, c'est à dire le match décisif, dans son Palais des collines d'Auburn, mais doit se déplacer en terra incognita au Joe Louis Arena. Ca ne tourne vraiment pas rond, le palais d'Auburn Hills est occupé par Mariah Carey, chanteuse de son état.
Plus qu'un malaise mais pas encore un naufrage cette fameuse finale. Seul un dernier match passionnant, avec deux équipes à la hauteur en même temps et une fin de partie à couper le souffle pourraient sauver cette saison américaine, j'en donne ma parole.
Quand je suis presque sûre, je donne ma parole ; quand je suis sûre, je parie.